DU
QUOTIDIEN À L'ÉTERNEL La ville et
la Ville dans l'uvre de Marguerite
Yourcenar
Colloque internationalAcademia Belgica, Rome, 22-26 septembre 1998
Programme du vendredi 25 septembre 1998
8 heures
Visite scientifique : Villa Adriana
La Villa était la tombe des voyages, le dernier campement du nomade, l'équivalent, construit en marbre, des tentes et des pavillons des princes d'Asie (Mémoires d'Hadrien).
La Villa Adriana est un ensemble architectural unique au monde, un prodigieux syncrétisme de tous les styles de l'Antiquité, de l'Égypte à Rome en passant par la Grèce et l'Asie. Issue de la pensée, de la volonté et du deuil d'un seul homme, maître du monde alors connu, la Villa reste magistrale sans cesser d'être profondément humaine.
La visite de la Villa Adriana durera une matinée et sera menée et commentée par une spécialiste de l'architecture romaine qui connaît en outre fort bien l'uvre de Marguerite Yourcenar. Elle sera donc orientée vers les recherches particulières du colloque. Dans ce cas précis, elle sera articulée avec les exposés portant sur la présence de la Villa Adriana dans l'uvre yourcenarienne (notamment en lien avec les Mémoires d'Hadrien et l'essai sur Piranèse).
13 heures
Déjeuner
14 heures23. Rémy Poignault (Université de Tours, France)
Aux frontières de la Ville : la Villa Adriana à travers les récits de voyages
L'empereur Hadrien a construit aux environs de Rome une Villa qui lui permettait de continuer à exercer le pouvoir tout en bénéficiant d'une retraitre relative et en prenant ses distances par rapport à ce que représentait la Ville. Et l'on sait l'importance de ce lieu aussi bien dans la naissance du projet de Mémoires d'Hadrien que dans le corps même du texte. À partir des récits de voyageurs &endash; non pas architectes ou artistes, mais simples amateurs &endash; qui ont précédé l'auteur sur les lieux, nous tenterons de dégager la spécificité de la vision de Marguerite Yourcenar par rapport à eux.
24. Maria Cavazzuti (Université de Modène, Italie)
Villa Adriana entre réalité et vision créatrice
On se propose d'examiner le rôle que la Villa Adriana a joué dans la vie et dans l'écriture de Marguerite Yourcenar, à travers les pèlerinages yourcenariens à la Villa et leur richesse historique, archéologique et mythique. Lieu d'éclatement de l'espace et du temps chez Hadrien, chez Jeanne, la Villa est en même temps lieu de recomposition et de tranfiguration des contradictions existentielles par le biais de l'écriture.
25. Jean Stillemans (Université catholique de Louvain)
La résistance de Piranèse
Marguerite Yourcenar déploie dans ses romans un multiple de noms de ville et chaque nom, à son tour, convoque un état d'être particulier. Avec Piranèse, Marguerite Yourcenar semble rencontrer une pierre d'achoppement. Piranèse, en effet, s'intègre difficilement à l'ordre narratif qu'elle tente de lui appliquer : il est l'homme de la monomanie, habité par une passion compulsive rétive à tout déplacement, où Rome et l'architecture échangent leurs origines communes. Et pourtant, il y a là, portée à la littérature, une amitié pour l'ouvrage de Piranèse qui ne peut que partager sa compréhension hallucinée de l'architecture et la rapprocher d'une vérité théorique.
15 heures 30
Pause
16 heures26. Alexandre Terneuil (Université de la Sorbonne, France)
Images de Rome dans l'uvre critique de Marguerite Yourcenar ou la métamorphose des lieux
En écrivant son essai sur les Prisons imaginaires de Piranèse, Yourcenar a de son propre aveu revécu « en pensée à Rome ». Le graveur vénitien a immortalisé dans ses planches des vues de Rome, figeant pour toujours une certaine vision de Rome, mais aussi en développant une image symbolique de la Ville. En suivant les descriptions et le cheminement particulier de Yourcenar parcourant ces gravures, nous verrons comment elle choisit de nous présenter une certaine vision de Rome.
27. Brian Gill (University of Calgary, Canada)
Rome chez Marguerite Yourcenar et Michel Butor
Dans La Modification de Butor et dans Denier du rêve de Yourcenar, Rome, centre obsessionnel du monde fictif, est actant, thème, épaisseur historique : bien plus qu'un simple décor, la ville envahit l'espace romanesque, forme particulière de l'ingérence du réel dans le fictif. On sent chez les deux auteurs une semblable passion pour les villes qu'ils choisissent pour décor, mais l'usage qu'ils en font est radicalement différent.
28. Maria J. Vazquez de Parga (Inst. de Canarias, Espagne)
De la ville à la Villa éternelle
Hadrien reconstruit Rome. Les architectes se mettent à l'uvre. Hadrien voit le futur de Rome comme cité éternelle, jamais détruite, reconnue dans la postérité; quelque chose de Rome lui dit qu'elle ne périra pas facilement, que ses pierres et ses souvenirs resteront dans l'Histoire. Rome sera éternelle dans l'Histoire, mais la Villa sera éternelle enfouie dans le souvenir de l'enfant mort.
17 heures 30
Débat
20 heures
Banquet