DU QUOTIDIEN À L'ÉTERNEL

La ville et la Ville dans l'œuvre de Marguerite Yourcenar

 

Colloque international

Academia Belgica, Rome, 22-26 septembre 1998


Programme du mercredi 23 septembre 1998

 

9 heures

Accueil des participants

9 heures 30

Exposés

 

1. Françoise Bonali (Université de Parme, Italie)

Quelques repères bibliographiques pour l'étude de la ville dans l'œuvre yourcenarienne

 

2. Maurice Delcroix (Université d'Anvers)

Une ville du Saint-Empire : la « Cité de Dieu » ou « La Mort à Munster »

 

À propos de Munster anabaptiste et assiégée, avec pour repoussoir l'impérieuse description inaugurale propre à la tradition balzacienne, on assiste à une dissémination des indices qui vise à transformer la passagère stabilité d'une localisation citadine sous l'effet d'une rhétorique de la discrétion qui l'incline pas à pas à une autre signifiance.

 

 

3. Mireille Brémond (Université d'Aix-Marseille III)

Le thème de la ville dans « Antigone ou le choix » (Feux) de Marguerite Yourcenar

 

Dans le mythe d'Œdipe tel que nous le rapporte la tradition grecque, l'histoire des rois de Thèbes est étroitement liée à celle de la ville. Le « crime » d'Œdipe et sa recherche de la vérité rendent la ville malade. Thèbes est pourtant une ville comme les autres avec son cimetière, ses rues, ses remparts, ses égouts, mais elle a aussi une géographie secrète. C'est Antigone, force vitale, qui sauvera la ville.

 

11 heures 30

Pause

12 heures

 

Exposés

4. Michèle Goslar (CIDMY, Bruxelles)

La ville accusatrice dans Le Labyrinthe du monde

 

Qu'il s'agisse de la Rome visitée par son grand-père Michel-Charles, du Flémalle de son enfance, du Mont-Noir, de Bruxelles ou de Marchienne, les villes accusent. Elles accusent l'home d'inconscience et dénoncent ses actes d'apprenti-sorcier. C'est dans Le labyrinthe du monde que ce problème la touche le plus parce que les villes évoquées sont celles où elle vécut et les responsabes du désastre ses propres aïeux. En dénonçant cet état de fait qui devient un état du monde, Marguerite Yourcenar essaie-t-elle de racheter leurs erreurs ?

 

5. Francesca Melzi (Université de Milan)

De Haarlem à Munster : à propos du chapitre VII de L'Œuvre au noir

 

Dans ses notes de composition de L'Œuvre au noir, Marguerite Yourcenar dénonce l' « impardonnable erreur historique » d'avoir placé dans une première version à Haarlem plutôt qu'à Munster l'épisode de la révolte anabaptiste. Mais la transformation de l'espace correspond à des déplacements de sens à l'intérieur du texte même : le passage de Haarlem à Munster, loin d'être une simple substituion de nom de ville, entraîne des changements significatifs.

 

6. Nadia Harris (American University, Washington)

Ville Éternelle et Cité d'Horizon : la forme de deux villes

 

Classés tous deux dans le même sous-genre, celui du roman historique, et basés sur un pacte de lecture analogue &endash; il s'agit dans les deux cas de mémoires fictifs &endash; Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar et Néfertiti et le rêve d'Akhnaton d'Andrée Chédid élaborent une vision du monde qui s'organise autour de thèmes similaires. La ville utopique fondée par Akhnaton fournira un contrepoint à la ville impériale reconstruite par Hadrien.

 

 

13 heures 30

Déjeuner

14 heures 30

Exposés

7. Élène Cliche (Université du Québec à Montréal, Canada)

Réminiscences de Leningrad dans l'œuvre épistolaire de Marguerite Yourcenar

 

La ville, en l'occurrence Leningrad (Saint-Pétersbourg) sera saisie dans un fragment épistolaire de Yourcenar daté de Noël 1962. La ville est perçue par Yourcenar dans sa réalité sociale, historique, politique, artistique. Cependant, c'est surtout une expérience subjective et émotive qui est présentée, une « image purement impressionniste et personnelle » de la ville, selon l'expression de l'écrivain.

 

8. Bérengère Deprez (Université catholique de Louvain)

La ville impossible. Ælia Capitolina, une « fausse note dans l'harmonie des sphères ».

 

À partir du rêve hadrianique de la cité idéale, on se dirige droit vers l'échec de la guerre de Judée. Le rêve impérial devient impérialiste, Hadrien n'arrive pas à intégrer la judaïté dans son schéma mental et culturel; bien qu'il enregistre bel et bien la guerre de Judée (cette guerre est un de mes échecs) comme un échec, il ne le comprend pas. Il ne cherche pas vraiment à l'analyser. On suivra cette voie sans issue au gré de la tragédie de Jérusalem, promise à la désintégration faute d'intégration.

 

16 heures 30

Visite scientifique : le Panthéon

J'avais corrigé moi-même les plans trop timides de l'architecte Apollodore. J'avais voulu que ce sanctuaire de Tous les Dieux reproduisît la forme du globe terrestre et de la sphère stellaire, du globe où se renferment les semences du feu éternel, de la sphère creuse qui contient tout (Mémoires d'Hadrien)

 

Le Panthéon est l'œuvre par excellence de l'empereur Hadrien, qui y a résumé son expérience, sa pensée, ses talents réels d'architecte, la symbolique solaire de son règne.

 

La visite du Panthéon durera deux heures et sera menée et commentée par une spécialiste de l'architecture romaine qui connaît en outre fort bien l'œuvre de Marguerite Yourcenar. Elle sera donc orientée vers les recherches particulières du colloque.

 

20 heures

Réception à l'Ambassade de Belgique

à l'invitation de Son Excellence le baron Patrick Nothomb, ambassadeur de Belgique auprès du Quirinal.

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