DU QUOTIDIEN À L'ÉTERNEL

La ville et la Ville dans l'œuvre de Marguerite Yourcenar

 

Colloque international

Academia Belgica, Rome, 22-26 septembre 1998


Programme du jeudi 24 septembre 1998

 

9 heures 30

Exposés

11. Blanca Arancibia (Université de Mendoza, Argentine)

La dérive et la ville imaginaire

 

On se propose d'explorer, à travers les dérives fictionnelles et réelles que l'on repère dans l'œuvre yourcenarienne, un certain parcours archétypal : dessin d'une ville imaginaire, d'une cité de l'esprit qui concentre les faisceaux du passé global de la "race", cité traversée par la flèche puissante des désirs personnels.

 

12. Ana Medeiros (Kent University, Grande-Bretagne)

La Ville : berceau ou tombe de la civilisation dans l'œuvre yourcenarienne

 

Hadrien est surtout connu pour son legs architectural. Dans Mémoires d'Hadrien, Marguerite Yourcenar consacre plusieurs pages à la description des villes nouvelles, représentant le progrès de la civilisation. Dans Denier du rêve, par contre, Rome est devenue une ville maladive, pareille au corps de Lina Chiari, au début du roman, rongé par un cancer. Une confrontation de ces deux visions de Rome permet de cerner une réflexion yourcenarienne sur la ville, la civilisation et le progrès en tant que topoi littéraires.

 

13. Simone Proust (Paris)

La ville , métaphore du labyrinthe

 

La ville, dans Le labyrinthe du monde, est marquée par la vision mystique qui préside à la conception de ce triptyque. Le « passage de l'archéologie à la géologie » fait que la ville apparaît dès lors sous son aspect maléfique et devient la métaphore du labyrinthe, montrant combien sont vains l'agitation et l'acharnement des hommes. Le thème de la ville, dans ce texte, apparaît donc comme emblématique de la pensée de Yourcenar à cette époque de sa vie.

 

14. Daniel Leuwers (Université de Dakar, Sénégal)

Le non-lieu du poète

 

Fiction et « mémoire » font une place de choix aux villes dans l'œuvre de Marguerite Yourcenar. On se demandera si la poésie de l'auteur (ses propres poèmes, ses traductions et même une prose poétique comme Feux) n'est pas plutôt l'expression d'un non-lieu fondamental &endash; et éternel.

 

11 heures 30

Pause

12 heures

Exposés

15. André Maindron (Université de Poitiers)

Viles villes

 

Si la Ville a été un des pôles de l'inspiration-réflexion de Yourcenar, un des axes de sa création; si, de façon complémentaire, elle a pris des positions écologistes qui entrent pour beaucoup dans sa notoriété, il est un domaine qu'elle semble avoir mal traité (en deux mots ou en un seul) : celui de la petite ville, de la petitesse le lieu, de l'urbanité, sinon de l'humanité la caricature.

 

16. Manuela Ledesma (Université de Jaén)

Les villes dans l'iconographie yourcenarienne

 

Certaines villes ont joué un rôle décisif dans la genèse des romans yourcenariens. Il arrive souvent que, dans la mécanique de la composition romanesque chez Marguerite Yourcenar, les villes engendrent d'elles-mêmes les personnages qui vont y évoluer à un moement prcési de leur histoire. Nous nous proposons donc de déceler comment l'espace géographique et le temps historique rendent conjointement possible l'« apparition » du personnage yourcenarien.

 

17. Claude Benoît (Université de Valencia)

Urbi et orbi, ou la dualité des valeurs spatiales chez le personnage yourcenarien

 

Si la Ville représente le point de rencontre par excellence, le berceau de la culture et de la civilisation, il se produit chez la plupart des personnages yourcenariens une attraction puissante pour les espaces ouverts et les endroits vierges. Hadrien, fils de Rome et d'Athènes, préfère la frugalité d'un repas champêtre aux cuisines sophistiquées des festins de Rome. Fondateur de villes, il se confesse l'âme d'un voyageur infatigable et d'un explorateur passionné. De même, Alexis, divisé entre la vie solitaire de Woroïno et la promiscuité de Vienne, ou Cornélius Berg qui, dans la triste rue d'Amsterdam, rêve "à des campagnes tremblantes de rosée". C'est en analysant les valeurs symboliques de cet espace binaire commun à la majorité des romans de l'auteur que je tenterai de mettre en relief une conception de l'espace qui lui est, à mon avis, toute particulière.

 

 

13 heures 30

Déjeuner

14 heures 30

Exposés

18. Jeanne Demers (Université de Montréal, Canada)

Marguerite Yourcenar, une lecture calfeutrée et itinérante de la Ville

 

Les circonstances ont transformé Marguerite Yourcenar en étrangère dans à peu près toutes les villes où elle a vécu, l'isolant du vulgaire et lui fournissant une oraille autre aux discours de celles-ci. Avec comme résultat une lecture de la Ville essentiellement paradoxale, à la fois calfeutrée et itinérante tant dans le temps que dans l'espace.

 

19. Carminella Biondi (Université de Bologne, Italie)

Avant Rome et après l'homme : de la forêt primordiale à la ville dénaturée

 

On se propose d'analyser l'image de la ville dans les dernières œuvres de Marguerite Yourcenar, en particulier dans la trilogie « autobiographique » (mais pas seulement dans celle-ci). Il s'agit, à notre avis, d'un contexte où la vision de la ville tend progressivement à se teinter de nuances vaguement apocalyptiques.

 

20. Françoise Bonali (Université de Parme)

Du réel au mythe : la Rome de Denier du rêve

 

21. Jean-Pierre Castellani (Université de Tours)

Dramaturgie de l'espace romain à travers Denier du rêve et Rendre à César

 

Il s'agit, à partir d'une réflexion sur le rôle de l'espace dans la narration et dans la dramaturgie, de voir l'usage que fait Yourcenar du cadre romain à la fois dans un texte romanesque et dans une pièce de théâtre. C'est une façon de mesurer, une fois encore, les limites du réalisme chez Yourcenar.

 

17 heures 30

Débat

21 heures

Spectacle : lectures dramatiques de Denier du rêve

Academia Belgica

Il s'agit de porter à la scène des extraits de Denier du rêve sous une forme épique et dramatique, un acteur prenant en charge à la fois la narration et la représentation de ce texte. Les thèmes du fascisme, de la solitude et de l'illusion serviront de base au travail théâtral .

Les sources d'inspiration seront le cinéma des « téléphones blancs » (cinéma de l'illusion par excellence, produit sous le régime de Mussolini), les musiques de Nino Rota pour les films de Fellini, le théâtre épique de Brecht (dont un certain nombre de textes comme Grand'peur et misère du IIIe Reich racontant la vie quotidienne en Allemagne nazie). Les bâtiments de l'Academia Belgica, construite à l'époque même du livre, serviront d'espace théâtral idéal pour les représentations.

 

Mise en scène et dramaturgie

Régis Duqué, licencié en philologie romane et en études théâtrales, à l'UCL, metteur en scène de nombreux projets amateurs depuis 1989.

 

Distribution

Cédric Juliens, licencié en philologie romane et en études théâtrales à l'UCL, étudiant au Conservatoire royal de Mons (section théâtre), acteur dans de nombreux projets amateurs depuis 1989.  

 

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